Berlin en train, pas simple
L'histoire de mon dernier voyage en train à l'étranger. Ou comment en un weekend je suis passé de « je suis écolo je ne prends que le train » à « plus jamais de la vie je ne m'inflige ça ».
Je l'ai racontée tellement de fois dans mon entourage, je disais qu'il faudrait que j'en fasse un bouquin. Revoyant mes ambitions à la baisse, ça sera dans un billet de blog, pendant que c'est encore à peu près frais dans ma tête.
Retour au mois de novembre. Mon frère habite à Berlin pendant quelques mois, c'est l'occasion de lui rendre une visite et de découvrir la ville. Un city trip de trois jours, pendant le weekend pour éviter d'avoir à poser trop de congés.
L'achat, pas simple
Se pose la question du trajet et on choisit la voie verte : se passer de l'avion et prendre le train. On tire donc un trait sur l'offre avion + train d'Air France pour planifier un trajet en train de Lille jusque Berlin. On le sait mais ça fait toujours mal : la durée sera plus longue, le prix plus élevé, les escales plus nombreuses.
On partira du jeudi soir avec escales à Bruxelles puis Cologne, en finissant par un train de nuit pour gagner du temps. Et retour le dimanche, escales à Cologne puis Paris, soit. Le tout par plusieurs trains de différents compagnies : TGV, Eurostar, Thalys et ICE (les TGV allemands).
![]() |
| Aller par Bruxelles, retour par Paris, passage par Cologne dans les deux cas. |
Pour plus de facilité, passage par le site SNCF Connect que j'ai l'habitude d'utiliser, et qui gère et assure l'intégralité du trajet en fournissant les billets pour chaque compagnie. La plupart au format e-billet, sauf pour ICE qui fait de vrais billets à retirer en gare ou à recevoir gratuitement par courrier. Très bien, j'ai un mois pour les recevoir à la maison, ça m'évitera de galérer lors du changement à Cologne.
La réception des billets
Je finalise ma commande, et là je me rends compte qu'à aucun moment je n'ai eu à saisir ma adresse postale. Dans ma confirmation de commande, dans le mail reçu, dans le résumé sur l'application, rien n'indique où je recevrai mes billets.
Pour tirer ça au clair, je contacte le service client. Pas possible de les appeler à cette heure-là, mais on peut leur écrire via WhatsApp ou Messenger. Les messages ne sont pas traités instantanément mais l'échange est efficace et un nouvel envoi est programmé à l'adresse que je leur donne.
Le surlendemain, message de ma mère, chez qui je n'habite plus depuis plus de dix ans :
Ils ont utilisés une adresse enregistrée quelque part dans mon compte à l'époque du site voyages-sncf.com mais qui n'est plus modifiable sur les nouveaux sites oui.sncf et sncf-connect.com. Par chance, c'est une adresse à laquelle j'ai encore accès, mais si ça avait été livré à mon ancien appart je n'aurais probablement jamais été au courant, et j'aurais attendu chez moi un courrier qui n'aura en réalité jamais été livré.
On a enfin nos billets, qui sont d'ailleurs à un tarif exorbitant, près de mille euros pour deux personnes. Comme on n'avait pas vraiment le choix dans la date, on a juste pris le trajet qui arrangeait le mieux sans se poser de questions. Quand mon frère a appris le montant il nous a dit que ce n'était pas normal et on y a regardé de plus près.
Le changement de billets
Il s'avère que ce n'était pas les Eurostar qui gonflaient le prix total mais les ICE, plus de 600 € de billets. En regardant directement sur le site de la Deutsch Bahn, les mêmes trajets commencent à un prix autour de 250 €. Mais seuls les plus gros tarifs flex étaient proposés par SNCF Connect. Bon, comme c'est flexible, on peut annuler et se faire rembourser pour racheter la partie allemande directement chez DB. Tant pis pour l'assurance des correspances qui sautent, c'est tout de même une économie de près de 400 balles.
D'ailleurs, comme ce sont des billets papiers, le remboursement ne peut être effectué qu'en déposant les billets au guichet en gare SNCF, qui recrédite la carte bancaire directement. Sauf qu'au bout de dix jours, toujours rien sur mon compte bancaire, et impossible de mettre la main sur le ticket de la transaction pour justifier (ça c'est ma faute). Nouveau passage à la gare, on nous dit . Je le fais, on me dit que les transactions ont du retard en ce moment. J'avertis en plus le service client SNCF en ligne, et finalement l'argent arrive dans les jours suivants, ouf.
L'aller, pas simple
Viens la date du départ. On doit partir en fin d'aprem et on fait notre journée de boulot comme d'habitude. Le matin-même, une collègue nous apprend qu'une grève des transports est en cours en Allemagne et cause des perturbations sur les trains. Je n'ai reçu aucune notification mais je vérifie quand même sur le site de la Deutsche Bahn… et je vois que le trajet Cologne-Berlin de la nuit suivante est annulé. À cause d'une grève d'un jour et demi qui tombe pile dessus.
![]() |
| J'aurais aimé avoir cette information plus tôt que le jour-même. |
L'annulation du train de nuit
Impossible de prendre le train plus tôt, surtout que le trajet est désormais scindé entre deux opérateurs, l'annulation du ICE par la DB ne donnant droit à aucun droit sur les trains précédents par SNCF Connect. On peut par contre utiliser le billet ICE pour un trajet suivant. Dormir dans la gare de Cologne et prendre le train à 4 h du mat' ? Ou payer un hôtel à côté et prendre celui de 6 h ? Pour ne pas démarrer la première journée sur les rotules, on choisit la seconde option, et on réserve une (courte) nuit d'hôtel à Cologne ainsi que des sièges dans le train de matin. Parce que oui, le siège doit être acheté séparément si on veut s'assurer une place assise. Pour une durée de 6 h, on prend.
La Cathédrale de Cologne, l'une des plus grandes d'Allemagne, juste à côté de la gare. |
Le budget est déjà bien entamé, mais au moins on aura fait une balade à Cologne de nuit, et on aura quand même dormi un minimum, ce qui en réalité aurait été compliqué dans le train ICE qui est loin d'être un train couchette. En tout cas, nous arriverons bien à Berlin, un peu plus tard que prévu, mais sans autre soucis. Pour l'instant.
Le retour, pas simple
Vu que je n'avais pas été prévenu de l'annulation du trajet aller, je me dis qu'il vaut mieux vérifier le trajet retour. Une bonne idée, parce qu'il y a bien une modification d'horaire. Le retour du dimanche midi part à l'heure prévue, mais arrivera avec un retard de très exactement 59 minutes, ce qui soit dit en passant ne laisse droit à aucune réclamation car moins d'une heure, mais qui surtout nous ferait rater la correspondance pour les trains suivants. Encore une fois, le billet est valable pour un autre trajet ce jour-là, et les seuls compatibles sont un IC et un ICE qui partent vers 9 heures. Le réveil fera un peu plus mal.
La réservation de sièges
Là aussi, il faut réserver nos places. Le train ICE (équivalent au TGV français) affiche complet. Et le train IC (équivalent TER) affiche… deux places tout juste, la chance ! Je prends, je valide le paiement en ligne avec mon téléphone, retour sur le site, et là… une page d'erreur, et aucune confirmation d'achat nulle part. Je retourne voir les disponibilités et le train est désormais complet. Sauf que je n'ai aucun moyen de savoir si les places sont à moi ou si j'ai été coiffé au poteau.
J'envoie un mail au service client pour tirer ça au clair, sans réponse. Enfin si, pour l'anectode, je recevrai le fin mot de l'histoire mi-janvier soit deux mois plus tard, pour me dire qu'ils n'ont aucun trace de l'achat.
On essaie d'avoir l'info au service billetterie en gare en prenant un peu d'avance le jour du départ, mais manifestement pas assez face aux trois quarts d'heure d'attente avec notre ticket numéroté.
Quitte à ne pas avoir de place et être debout, est-ce qu'on n'embarquerait pas dans le ICE qui est plus rapide ? Dans le doute, on va quand même s'asseoir à nos places possiblement réservées dans le IC, et on n'aura finalement pas été délogés, le placement étant un peu plus libre dans ce type de train.
Pas de grosse surprise pendant le trajet, si ce n'est ce moment où à peine quitté la gare de Hanovre, le train fait machine arrière pour revenir s'arrêter à quai pendant une vingtaine de minutes. Probablement un problème technique, l'annonce était en allemand et je n'avais autour de moi que des anglophones qui n'avaient pas plus compris que moi. Le retard n'a heureusement pas compromis la correspondance à Cologne.
La rallonge du trajet
Dans l'Eurostar qui suit, pas d'imprévu à proprement parler, mais une belle blague tout de même. On n'avait pas fait gaffe, mais le retour qui nous fait passer par Paris, fait d'abord un arrêt par Bruxelles… Si on avait su, on aurait prévu de finir par un bête TER qui nous aurait fait économiser deux heures de trajet et au moins 100 balles. Mais non, on va faire un quasi aller-retour Lille-Paris, parce que SNCF Connect a constitué un trajet en prenant le moins d'escales, plutôt que de prendre le moins cher ou le moins long. Une pensée pour le chef de bord qui communique fièrement les bienfaits de ce voyage sur nos émissions de CO2.
Dernière étape à Paris Gare du Nord avec un goût amer, et qui pour couronner le tout s'éternise à cause d'un bagage oublié dans le train qui doit nous faire retourner à Lille.
Avec tout ça, le retour prévu de 12 h à 22 h qui s'annonçait déjà laborieux, aura finalement duré de 9 h à 23 h. Pour clore un weekend qui démarrait déjà avec un temps de retard. On peut dire que le sort s'est acharné, entre les problèmes techniques et dysfonctionnements aussi bien de la part de SNCF ou de DB, les opérations de grève, les alertes à la bombe…
Je ne sais pas si j'aurai encore l'occasion de retourner à Berlin, mais si c'est le cas, ce ne sera certainement pas en train. J'ai essayé, on ne m'y reprendra plus. Et tant pis pour le bilan carbone.




Commentaires
Enregistrer un commentaire